Vrai ou faux ? Les ondes électromagnétiques tuent les abeilles

Loïc Favant pour Happicultures, Sept. 2020

Temps de lecture: 1 minute pour la synthèse avec conclusion - 6 minutes pour l'étude entière - quelques heures pour la lecture des études étudiées.....

 

Il s'agit d'une question scientifique, ou comment le magnétisme interagit avec le vivant. Le débat de l'impact des ondes sur l'humain est difficile à trancher... alors sur les abeilles... que peut-on dire ? 


En préambule :

 

  1. A l'instar de toute question scientifique, pour y répondre sérieusement, il faut s'appuyer sur des études  réalisées avec des protocoles solides qui isolent le phénomène à analyser.  Bien trop souvent les études ne sont pas assez rigoureuses  et sous-estiment  l'aspect multi-causal d'un effet. L'histoire récente de la Covid19 a montré l'évolution de la société vers  toujours plus de manichéisme qui pousse  à simplifier les questions complexes pour y répondre par un oui tranché ou un non catégorique ; sans parler de la tendance à mélanger fait scientifique et opinion personnelle.
  2. Je ne suis pas scientifique et n'ai pas la prétention de l'être. Je suis un citoyen, apiculteur, qui s'intéresse à certains sujets, sans être expert, et qui s'agace de ne pas trouver de réponse satisfaisante à ses questions, ne sachant plus à quel saint se vouer pour comprendre.

 

J'ai donc choisi de vous présenter le fruit de ma petite expérience d'apiculteur et surtout, les résultats de mon analyse de quelques études scientifiques sur le sujet. Donc des faits, rien que des faits, avec ma conclusion tranchée ...ou non:), sans opinion, sans à priori... juste avec ma fâcheuse habitude  d'être guidé par le doute.

 

Pour celles et ceux qui veulent me faire confiance (la confiance n'empêche pas le contrôle...), pour ceux qui n'ont pas le temps de lire mon analyse, voici ma conclusion. Mais vraiment, lisez la suite....


Conclusion après analyse de quatre études scientifiques représentatives : Les ondes ont un effet biologique et physiologique sur les abeilles lorsqu'elles y sont exposées  de manière hyper intense et continue, ce qui n'est pas le cas dans leurs conditions de vie réelle. Ces études ne prouvent pas que les ondes électromagnétiques participent au phénomène d'effondrement massif des colonies d'abeilles.


Protocole utilisé:

 

  1. A l'aide d'un moteur de recherche j'ai sélectionné quatre études que j'ai jugées solides dans leur approche (protocole de qualité), influentes par leur présence WEB (nombre de reprises dans les articles sur le sujet), et les plus spécifiques possibles pour répondre à la question posée (études sur les abeilles ou insectes « proches »).
  2. Je n'ai sélectionné que les études que j'ai pu consulter et lire en intégralité . Les quarte études présentées ici se trouvent être les plus référencées ; j'ai pu en  récupérer les versions publiées. Vous en trouverez les références ainsi que les liens en bas de page. Si vous avez du temps je vous invite à les lire pour vous faire votre propre opinion.
  3. Je n'ai sélectionné que des études qui prouvent les effets néfastes, je ne me suis pas intéressé aux études, nombreuses par ailleurs, qui prouvent l'innocuité, ou qui n'arrivent pas à des conclusions tranchées.


Analyses :


1) «Impact of mobile phones on the density of honeybees » (Ref 1),  étude de 2009, Sainudeen Sahib S. Dpt of Zoology, S.N. College, Kerala, India


Je démarre par cette étude qui est souvent référencée dans d'autres études scientifiques, et dont on  retrouve très fréquemment sur le WEB la citation que voici :

 

« Il a été constaté dans une expérience, que lorsque le téléphone mobile était maintenu à proximité d'une ruche, cela avait entraîné l'effondrement de la colonie dans les 5 à 10 jours, avec des ouvrières incapables de rentrer chez elles, laissant seules les ruches avec des reines, des œufs et des abeilles encore immatures (Sahib Pattazhy 2009) ».


Je me suis procuré cette étude. Malheureusement elle ne répond pas à mes critères de qualité. Je ne l'aurais donc pas analysée si elle n'avait pas une telle emprunte WEB, et si elle n'était pas si succincte. La seule version que j'ai trouvée tient sur 2,5 pages et, curieusement, elle ne semble plus considérée comme valable (« RETRACTED » inscrit en travers des pages) par academicjournals.org qui l'hébergeait (cf ref (1)) ; Je leur ai demandé la raison mais n'ai pas de réponse à ce jour:

 

  1. Le Protocole tel que décrit dans l'étude est très imprécis et ne permet pas de s'assurer que les observations sont justes.
  2. Les conclusions révèlent un évident parti pris de l'auteur qui défend un combat politique contre la prolifération des antennes relais dans sa région en Inde. Ces considérations partisanes dans une revue scientifique me semblent déplacées. L'auteur a le droit d'avoir des convictions mais les conclusions qu'il dresse dans l'étude ne sont pas suffisamment étayées.
  3. On ne connaît pas les conditions dans lesquelles  l'expérience a été réalisée : où étaient placés les téléphones mobiles précisément, à quelle distance des antennes relais les ruches étaient-elles disposées,  les ruches tests étaient-elles en tout point comparables aux ruches contrôle, pourquoi les ruches test étaient-elles légèrement moins fortes (de 3% à 7% pour 3 critères) que les ruches contrôle avant le démarrage de l'expérience , etc etc...

 

J'en conclue que cette étude n'est pas assez précise et objective pour faire la moindre conclusion. Est-ce pour cette raison  qu'elle a été retirée ? J'ai posé un série de questions à son auteur, par e-mail, à plusieurs reprises, sans obtenir de réponse. Je suis très étonné que les conclusions de cette étude soient reprises  dans d'autres études, comme dans l'étude qui suit par exemple .

 


2) « Mobile phone-induced honeybee worker piping » (Ref 2), étude de 2011,  Daniel Favre, Scientific collaborator in the Laboratory of Cellular Biotechnology (LBTC)


Je trouve cette étude remarquable dans le sens où elle répond à un protocole que j'estime solide, avec des explications claires et chiffrées.  Elle propose d'étudier le dérangement  causé aux abeilles en analysant le bruit qu'elles émettent au contact des ondes. En voici une brève analyse après lecture approfondie:


Extraits de la synthèse d'accroche en tête de l'étude, « l'abstract » :

 

  1. Dans le cadre du protocole il est indiqué que pour vérifier l'impact des ondes sur les abeilles « les téléphones mobiles furent placés dans le voisinage proche (« close vicinity » dans le texte) des ruches » . A lire les détails de l'étude il se trouve  que deux téléphones en communication sont placés à l'intérieur de la ruche fermée.  Pourquoi ne pas dire dès le début, comme l'auteur le reconnaît avec honnêteté dans les conclusions, que cette étude n'a pas été faite dans des conditions de vie normale des abeilles ?
  2. Toujours tiré de l'abstract : « l'étude  a révélé (sous entendu l'étude que vous vous apprêtez à lire mais que la majorité d'entre nous ne lira pas car elle fait 10 pages et qu'on a tous envie de....faire confiance) que les téléphones mobiles ont un impact considérable/énorme (« dramatic » dans le texte) sur le comportement des abeilles » ce qualificatif de « dramatic » ne me semble pas très scientifique et pourrait cacher un parti-pris.... qui n'en n'est sans doute pas un car l'auteur reconnaît par la suite que son étude n'est pas suffisante pour conclure que les ondes magnétiques peuvent causer la perte des abeilles. Il offre juste de poursuivre les travaux pour avoir plus de preuves.


J'ai presque envie de m'arrêter là car cette introduction décrédibilise à mes yeux la justesse de l'étude .  Pourquoi des scientifiques  ont-ils tendance à présenter leurs études, qui me semblent de grande qualité par ailleurs, avec le biais de leurs « croyance »/ « combats » ?


Je vous passerai  donc les détails mais l'étude montre en effet qu'après 30 minutes de communication continue entre les deux téléphones (qui à eux deux ne dépassent pas le seuil d’absorption d'énergie autorisé par les autorités) ... vous avez bien lu 30 minutes ... on note une augmentation des bruits émis par les abeilles tant par la fréquence que par l'amplitude. Deux à trois minutes après la fin de la communication le calme revient . En tant qu'apiculteur, même si j'essaye d'ouvrir le moins possible les ruches, et avec le plus de délicatesse possible, je peux vous assurer que je les dérange et qu'au moindre geste déplacé elles font beaucoup de bruit. Comme l'auteur a l'honnêteté de tout présenter, il reconnaît que son étude n'est pas suffisante, mais il est quand même tenté de supposer qu'il n'est pas impossible, qu'en raison des ondes, les abeilles désertent la ruche et meurent, même s'il admet que cela ne s'est pas produit dans son expérimentation, même après 20 heures d'exposition continue aux téléphones en conversation à l'intérieur d'une ruche. Il s'autorise ce possible raccourci en faisant référence à une autre étude qui l'aurait démontré, et cette autre étude s'avère être celle de Sainudeen Sahib S analysée ci-dessus...


Ma conclusion rejoint en partie celle de l'auteur: Les ondes magnétiques ont un impact sur le comportement des abeilles, elles ont une « incidence biologique ». Là où je ne suis pas convaincu, faute de preuve, c'est que les ondes électromagnétiques, au niveau réel d'exposition des abeilles,  réduisent la durée de vie des colonies ,et même participent à leur disparition massive.


3) « Mobile phone radiation induces sedation in  Periplaneta americana » (Ref 3), étude de 2017,  P.R Syalima, Rameesa Raseek and D.A. Evans, Department of Zoology, University College, India.


Cette étude sur les blattes répond à mes critères de « sérieux ». Elle ne parle pas des abeilles mais elle est utilisée par ceux qui disent que les abeilles disparaissent à cause des ondes.


Les auteurs commencent par décrire  l’observation d'effets mesurés en terme d'augmentation ou de réduction de substances chimiques « x » ou « y » dans le corps des blattes suite à une exposition aux ondes électromagnétiques, avant de conclure leur introduction avec la phrase choc suivante :


« Cette étude a révélé que l'exposition constante aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles peut induire des effets considérables (« widespread effects » dans le texte) sur le cerveau, les neurones, les cellules en développement ainsi que sur le système enzymatique ».


ça fait peur, même si les auteurs ont l’honnêteté de parler d'exposition « constante », ce qui n'est pas le cas dans la vie réelle, et prennent la précaution de l'incertitude en écrivant « peut induire »... ce qui n'est pas certain.... mais ils auraient pu ajouter que ces effets sont sur les blattes... et pas forcément sur l'homme. Bref, à nouveau et malheureusement , je trouve cette étude biaisée par l'opinion des auteurs.


Auteurs qui continuent ainsi : « même s'il existe de nombreux rapports (non cités par les auteurs) sur les effets néfastes des ondes électromagnétiques (entendu sur l'humain), il n'y a pas suffisamment d'études expérimentales pour le démontrer. C'est la raison pour laquelle nous avons conduit quelques études basiques sur les effets des ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles sur Periplaneta americana ». En reconnaissant le manque de preuves, et la volonté d'en apporter au travers de cette étude, mes attentes sont grandes. Enfin je vais comprendre.


Après avoir lu l'intégralité de l'étude je ne m'étendrai pas au-delà du protocole puisque là encore, il ne reproduit pas les conditions d’existence réelle : Les blattes sont enfermées dans une boite fermée de 30cm sur 18cm, avec le  téléphone récepteur à l'intérieur.


La démarche est cependant scientifique et je me dois d'en rapporter ses conclusions, avec toutes les pincettes nécessaire en raison des conditions dans lesquelles a été faite cette expérience :


Cette étude sur les blattes établit une perte d’énergie chez les insectes exposés à des temps de communications téléphoniques importants. En parallèle, les enzymes des corps gras de la blatte vont augmenter en réponse à un stress extérieur et la quantité de déchets va aussi augmenter dans l'organisme. Enfin, l’agent qui transmet l’information au niveau neurologique est bloqué. Cette expérience démontre donc un certain stress cellulaire induit par l'exposition continue aux ondes.


Là où je suis surpris, c'est quand les auteurs se mettent à extrapoler lors de leur conclusion d'étude. Jusqu'à clamer que leur expérience a démontré que les ondes électromagnétiques provoquaient la disparition des abeilles.  Je ne comprends pas, et voilà la manière dont ils amènent la chose :


« D'après Sainudheen 31,32, les Ondes électromagnétiques altèrent le sens de l'orientation des abeilles et les abeilles ouvrières sont incapables de retourner à leur ruche (tiens tiens... ils font référence à  la première étude dont j'ai parlé...) […] La construction de stations d'antennes relais a provoqué l'effondrement des colonies d'abeilles dans les environs. Ce phénomène est appelé le « syndrome d'effondrement des colonies ». La présente étude (ndla :donc la leur, sur les blattes) a apporté des évidences, sur une base physiologique, au syndrome d'effondrement des colonies. »

 

Comment peuvent-ils établir un lien entre ces deux études et bâtir des liens de cause à effet nullement prouvés? Je n'ai rien vu dans l'étude présente qui permette une telle affirmation.


Ma conclusion est la suivante : Les ondes magnétiques ont un impact sur le comportement des blattes, elles ont une « incidence physiologique ».  Là où je ne suis pas convaincu, faute de preuves, c'est que les ondes électromagnétiques, au niveau réel d'exposition des abeilles,  réduisent la durée de vie des colonies et même participent à leur disparition massive.


J'ai eu du mal à accéder à d'autres études et il est intéressant de voir comment, sur la toile, de nombreux articles utilisent les quatre études que j'ai analysées pour expliquer que les ondes électromagnétiques émises par les téléphones mobiles anéantissaient les abeilles.


J'ai bien trouvé trace de travaux expérimentaux conduits en 2005 par une équipe de l'Institut Informatique Educatif de l'Université de Landau, à Coblence, Allemagne. Cependant, ils mettent en cause les radiations émises par les téléphones sans fils (DECT), pas certain que ce soit applicable aux téléphones mobiles. J'ai quand même analysé cette étude car elle est également souvent citée sur le WEB.


4) « Modifications du comportement des abeilles sous l'effet d'exposition électromagnétique » (Ref 4), étude pilote de 2005,  Université de Koblenz – Landu  


Etude que je trouve de très grande qualité, avec un protocole clair et solide ainsi que des explications détaillées sur les conditions d'expérimentation. De mon humble avis cette étude ne souffre d'aucun biais d'opinion, au contraire des trois précédentes. 


Cette étude n'analyse pas les ondes émises par nos téléphones portables (GSM) mais par les téléphones sans fil (DECT).  les fréquences  DECT sont de 1880-1990 MHz alors que celles de nos téléphones portables sont plutôt de 900 MHz, tandis que la fréquence émise par les abeilles qui vibrent lors de la danse d'orientation est de 200 à 300 Hz. Mais poursuivons.


Bien que le protocole soit solide,  l'expérience ne reproduit malheureusement pas les conditions réelles puisque la station DECT est placée dans la ruche et le téléphone à l'extérieur, comme dans l'expérimentation de Daniel Favre où les téléphones sont placés à l'intérieur. Elle met cependant en lumière des impacts :

 

  1. Pour juger le développement des colonies les auteurs ont mesuré la prise de poids ainsi que la quantité de cadres bâtis : L'étude fait nettement apparaître que l'évolution des poids ainsi que l'évolution des surfaces bâties des colonies non irradiées sont plus élevées.  Les auteurs précisent que « ceci ne peut être évalué seulement que comme une tendance, car pour aucune journée dans le décours du temps de l'étude, une différence entre colonies irradiées et non irradiées (5 % du niveau) n'a pu être obtenue pour qu'on puisse appliquer l'U-test de Mann-Whitney » (Ce test est utilisé lorsqu'il faut décider si deux groupes indépendants sont issus de la même population. C'est un test non paramétrique (pas d'hypothèse sur la distribution sous-jacente) qui permet de tester si deux échantillons ont même moyenne.).
  2. Pour mesurer l'impact des ondes sur la capacité des abeilles à revenir à leur ruche, les auteurs ont mesuré le nombre de retours : « le nombre d'abeilles revenant à la ruche est nettement plus élevé pour les populations non irradiées. Entre autres, la durée du retour des abeilles (moins de retours) est nettement plus élevée pour les colonies irradiées. »
    Les auteurs concluent à des impacts observés dans les conditions précises de l'étude, et soulignent l'importance de poursuivre les études dans des conditions plus réelles pour arriver à des conclusions solides.

 

J'en conclue que les ondes électromagnétiques  des téléphones DECT ont un impact sur le comportement des abeilles.  Cependant, cette étude ne montre pas que les ondes électromagnétiques, au niveau réel d'exposition des abeilles,  réduisent la durée de vie des colonies et même participent à leur disparition massive.

 

Conclusion générale:

 

La tendance à la méfiance du « progrès » d'une partie de la population (vaccins, mouvements anti 5G) d'un côté , et les enjeux économiques  portés par des acteurs puissants (opérateurs, fabricants, l'état) d'autre part, sont autant de motifs de voir des débats tronqués et radicalement opposés, comme sur le nucléaire .


Pour autant les personnes sensibles aux ondes semblent être reconnues comme impactées. Pourquoi les abeilles ne le seraient pas aussi ? Le doute est permis, mais est il fondé ?


Les études sont souvent commandées et financées (je ne me suis pas intéressé à cette question pour les quatre études analysées) et les commanditaires quels que soient les bords, induisent souvent les résultats puisqu'ils sont souvent tenants d'une position dans le débat.

 

Pour ma part, je dirais qu'il est plausible que l'exposition intense et prolongée des abeilles aux ondes électromagnétiques (ce qui n'est pas le cas dans leur condition de vie réelle) écourte leur durée de vie, au même titre que d'autres facteurs déjà identifiés comme les prédateurs (varroa, frelon asiatique...) , les pesticides, la réduction des espaces naturels, l'apiculture intensive etc... reste à savoir dans quelle proportion, même si les études précitées m'incitent à penser (c'est plus une opinion documentée qu'un fait avéré je l'avoue) que dans des conditions de vie normales des abeilles, les ondes ont un effet  moins important que les autres causes.

 

La synthèse suivante me semble être un bon reflet de l'état actuel de la science à ce sujet : « Risk to pollinators from anthropogenic electro-magnetic radiation (EMR): Evidence and knowledge gaps » (ref 5)

 

Références :  


(1) https://academicjournals.org/journal/JHF/article-full-text-pdf/B0ABD121249
(2) https://stopsmartmetersbc.com/wp-content/uploads/2017/04/Mobile-phone-induced-honeybee-worker-piping-by-Daniel-Favre-Apr.08-2010.pdf
(3) https://www.currentscience.ac.in/Volumes/113/12/2275.pdf
(4) https://www.afm-sicem.fr/images/images/pdf/etude_koblenz_FR.pdf 
(5) https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969719337805#bb0045